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avril 20, 2026

« L’infertilité n’est pas une fatalité », Dr Modia

La santé reproductive des hommes et des femmes, ainsi que la lutte contre l’infertilité des couples étaient au centre des échanges lors du lancement officiel de la 14ᵉ édition de la campagne de sensibilisation et de dépistage des maladies gynécologiques.

Samedi à Kinshasa, les médecins spécialistes, responsables d’institutions, les acteurs culturels ainsi que plusieurs participants, ont cogité sur les questions de santé publique, notamment les problèmes gynécologiques et l’infertilité des couples. Cette campagne qui s’étend sur une durée d’un mois, vise à sensibiliser la population et encourager le dépistage précoce et aussi à informer les couples sur les solutions médicales existantes face aux problèmes d’infertilité.

Intervenant lors de cette rencontre purement scientifique, le docteur Antoine Modia O’yandjo, gynécologue-obstétricien, échographiste et spécialiste de la fertilité, a expliqué les notions essentielles liées à la fertilité humaine. Selon lui, la fécondité correspond à la capacité pour une femme de mettre au monde un enfant vivant. L’infertilité, quant à elle, se définit comme l’absence de conception après une période prolongée des rapports sexuels réguliers sans recours à une méthode contraceptive.

Le spécialiste a également tenu à clarifier une confusion fréquente dans l’opinion publique. “Une femme inféconde n’est pas infertile. Elle peut concevoir, mais ne pas parvenir à mener la grossesse à terme. À l’échelle mondiale, environ 186 millions de personnes sont confrontées à des difficultés d’infertilité, soit près de 17 % de la population adulte”, a fait savoir l’expert précisant que la situation est particulièrement préoccupante en Afrique où près de 30 % des couples rencontrent ce problème, contre seulement 5 à 10 % en Europe.

– Les avancées de l’assistance médicale à la procréation –

Face à cette réalité, la médecine moderne propose aujourd’hui plusieurs techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP). Bien que ces méthodes soient innovantes, elles restent encore coûteuses pour une grande partie de la population. Le premier enfant conçu grâce à l’assistance médicale à la procréation est né en 1978 en Angleterre. Depuis lors, ces techniques n’ont cessé d’évoluer et d’offrir de nouvelles perspectives aux couples confrontés à l’infertilité.

Parmi les méthodes les plus utilisées figurent l’insémination intra-utérine, réalisée soit avec les spermatozoïdes du conjoint soit avec ceux d’un donneur, ainsi que la fécondation in vitro (FIV), considérée comme l’une des techniques les plus avancées.

Les spécialistes indiquent que la probabilité de grossesse naturelle par cycle se situe entre 20 et 25 %. Avec les techniques de FIV ou d’ICSI, les taux de réussite peuvent atteindre 30 à 35 %, voire 40 à 50 % dans certains centres spécialisés à travers le monde. La moyenne globale se situe autour de 25,6 % de réussite par transfert embryonnaire.

Cependant, ces résultats dépendent fortement de l’âge de la patiente. Avant 37 ans, les chances de grossesse dans un parcours de FIV peuvent dépasser 25 %. Elles diminuent environ de 12 %, à 38 ans, de 9 % à 40 ans et entre 5 et 6 % après 42 ans. Certains centres spécialisés parviennent néanmoins à accompagner des patientes jusqu’à l’âge de 56 ans.

– Le syndrome des ovaires polykystiques, une cause fréquente d’infertilité –

A son tour, Sandrine Modia, médecin directrice de la clinique des Anges, a attiré l’attention sur le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie hormonale qui toucherait près de 10 % des femmes dans le monde. Cette affection constitue l’une des causes les plus fréquentes d’infertilité féminine et nécessite une prise en charge médicale appropriée afin d’améliorer les chances de conception.

– L’importance du dépistage précoce du cancer –

La problématique du cancer a également été abordée lors de cette rencontre. Selon le spécialiste Vincent Mbatu, la République démocratique du Congo enregistre chaque année entre 15 000 et 20 000 nouveaux cas de cancer. Le taux de mortalité atteint près de 70 %, une situation largement liée au diagnostic tardif. La majorité des patients consultent en effet lorsque la maladie se trouve déjà à un stade avancé, déplore le médecin.

Face à ce constat, les spécialistes insistent sur la nécessité du dépistage précoce afin d’augmenter les chances de guérison. Ils rappellent également qu’une masse détectée au niveau du sein n’est pas systématiquement synonyme de cancer, mais qu’elle doit néanmoins faire l’objet d’un examen médical.

– Briser les tabous autour de la santé de la femme –

La cérémonie d’ouverture a été officiellement marquée par l’intervention de la chanteuse et directrice générale du Fonds de promotion culturelle (FPC), Barbara Kanam, marraine de cette 14e édition. Dans son allocution, la star de la rumba a appelé la société congolaise à briser les tabous entourant la santé reproductive et l’infertilité. « La santé de la femme est une question culturelle, sociale et nationale. Brisons les tabous, remplaçons la culpabilité par la connaissance et transformons l’espoir en action », a-t-elle déclaré.

À travers cette campagne, les organisateurs espèrent non seulement améliorer l’accès à l’information, encourager les consultations médicales régulières mais surtout favoriser une meilleure prise en charge des maladies gynécologiques et de l’infertilité du couple.

Tout au long de la période de la campagne, plusieurs activités de sensibilisation, de dépistage et de consultations spécialisées seront organisées afin de rapprocher les services de santé des femmes aux couples concernés à Kinshasa.

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